Fêtes

Fête de Saint Charles 2018

                  Cette année nous célébrons la fête de Saint Charles dans la joie le 5 novembre. l’Eucharistie est présidée par le Père Jean-Michaël Munier, Vicaire général, entouré par le Père Luciano Lotti, capucin, secrétaire général des groupes de prières de Padre Pio, par le Père Vallance, le Père Perrin, le Père Lagravière, le Père Beugin, le Père Mamelle. De nombreuses Sœurs de nos communautés, des membres de la Fraternité et de la Fondation, des amis de la Congrégation ont participé à cette célébration.

Le Père Jean-Michaël Munier a prononcé l’homélie que voici :

               Cette fête de Saint Charles, décalée au 5 novembre pour cause de dimanche, nous donne de vivre 3 évènements : la fête des sœurs de St Charles qui nous accueillent en leur Maison Mère, ainsi que celle de la Fondation du même nom ; la fête des prêtres du diocèse de Nancy et Toul dont le patron est Saint Charles Borromée ; et enfin, ce 5 novembre est la Toussaint diocésaine, la fête de tous les saints et saintes de notre diocèse. Permettez-moi d’honorer toutes ces dimensions.

               Bienheureux hôpital St Charles où les premières sœurs ont travaillé…. ainsi les Sœurs de la Sainte Famille furent habituellement appelées les Sœurs de St Charles. Oui, bienheureux patronage au regard de la vie du saint évêque de Milan. Bien que touchant des revenus annuels très élevés, grâce à des charges honorifiques lucratives, il décide de vivre pauvrement, et par là-même, de prendre soin des pauvres. Benoît XVI dit qu’il « fut un véritable père des pauvres, et fonda des institutions d’assistance ». Il ajoute même que « durant la peste de 1576 il resta parmi son peuple pour le servir et le défendre avec les armes de la prière, de la pénitence et de l’amour ».

               J’ajoute volontiers que c’est bien cela aimer, aimer en actes et en vérité. Et cet amour, cette « compassion des hommes souffrants » est vraiment de la charité, puisqu’elle découlait, selon toujours le pape émérite, de « sa contemplation du mystère de l’autel et de la croix ». C’est la charité qui est en Dieu, c’est la charité qu’est Dieu, dont il rayonnait, se faisant, à la suite du Christ, visage de la Miséricorde du Père. Le livre d’Ezéchiel nous a particulièrement présenté cette bienveillance du Père, berger de son peuple, particulièrement attentifs, aux brebis dispersées, à celle qui est perdue, celle qui est égarée, celle qui blessée, comme celle qui est malade.

                 Votre nom mes sœurs, à savoir Sœurs de la Charité de St Charles, est tout un programme. Un programme que l’on retrouve bien dans la prière de votre fondateur, Joseph Chauvenel, qui ayant entendu « la clameur des pauvres », pria ainsi : « Il me faut, Seigneur, des mains pour guérir, des lèvres pour consoler, des cœurs pour aimer, pour aimer les pauvres, les malades, les pécheurs, des mains plus adroites que les nôtres, des lèvres plus douces, des cœurs plus tendres que les nôtres, des femmes, Seigneur, des femmes qui laisseront tout pour donner tout ». Tout ceci se résume en la courte phrase de Mère Yvonne : « Il suffit d’aimer. Aimer : tout est là ». L’amour dont il est question n’est pas du sentimentalisme. Saint Paul nous a donné quelques expressions concrètes dans la seconde lecture. Cet amour est aussi bien présenté dans la circulaire de Mère Charles, en 1951 : « Amour qui ne s’exprime pas seulement par des phrases ou de belles aspirations ; mais dans le réel quotidien par la fidélité actualisée à toutes les exigences de la vie religieuse et notre labeur dans l’apostolat ».

            La fondation Saint Charles, tout en voulant répondre aux besoins d’aujourd’hui, a le désir de pérenniser cette œuvre de la Congrégation, en la développant toujours plus. La phrase de St Charles Borromée, citée en final du préambule du projet stratégique, demeure un phare qui peut éclairer la vie des différentes maisons de la Fondation : « Efforcez-vous de travailler à une œuvre aussi sainte, aussi nécessaire, et aussi agréable à Dieu, que celle de secourir nos Frères les pauvres malades et abandonnés ». En fidélité à la Congrégation, comme et avec les Sœurs, la fondation doit aller toujours plus loin sur la route de la charité, avec cette maxime toujours actuelle : « donner tout à nos seigneurs les pauvres, c’est le secret du passé, de la réalité du présent, le maître-mot de l’avenir ».

            Comme je l’évoquais, St Charles est aussi le patron du clergé de notre diocèse. Je sais, mes sœurs, combien ces prêtres habitent votre prière. Et je ne peux que vous encourager à poursuivre. Sans négliger le souci viscéral des pauvres, je retiens 3 enseignements de notre bon patron : la prière, l’humilité et le don de soi. La prière était essentielle dans sa mission pastorale. Il disait : « les âmes se conquièrent à genoux ». Il s’agit pour nous de nous conformer toujours à Jésus, le Bon Pasteur, et de tout apprendre de Lui, de tout vivre en Lui. L’humilité était l’unique mot de sa devise, mot que nous retrouvons à deux reprises dans ses armes. Benoît XVI remarque : « L’humilité le poussa, comme le Seigneur Jésus, à renoncer à lui-même pour se faire le serviteur de tous ». Et enfin, St Charles nous apprend le don de soi, un don total qu’il vécut jusqu’à l’épuisement. Et lorsqu’on lui conseillait de se reposer, il disait : « Pour éclairer, la chandelle doit se consumer ».

            Et enfin, ce 5 novembre, est la Toussaint diocésaine. Cet évènement liturgique peut très bien être la conclusion de ce parcours. Que désirer de plus pour tous ceux que nous avons cités, pour nous tous ici présents, que la sainteté.

               Demandons à St Charles d’intercéder afin que nous soyons des saints, ceux de la porte d’à côté, comme les nomme le pape François. Je reprends, pour terminer, ces derniers mots de son exhortation apostolique sur l’appel à la sainteté dans le monde actuel : « Demandons à l’Esprit Saint d’infuser en nous un intense désir d’être saint pour la plus grande gloire de Dieu et aidons-nous les uns les autres dans cet effort. Ainsi, nous partagerons un bonheur que le monde ne pourra nous enlever » (Gaudete et exultate 177). Amen.

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